Un éducateur qui peut inspirer les leaders d'aujourd'hui !


Un management inspiré par Saint Jean Bosco

Au fil de mon parcours de direction, j’ai souvent constaté que la réussite d’une organisation repose moins sur la complexité des méthodes que sur la qualité des relations humaines. Dans cette recherche d’un leadership à la fois exigeant et profondément respectueux des personnes, l’approche éducative de Saint Jean Bosco (1815-1888) constitue pour moi une source d’inspiration étonnamment actuelle.

Cet intérêt ne relève pas seulement d’une réflexion théorique. Il s’inscrit aussi dans mon parcours personnel. J’ai en effet effectué mes études primaires à l’école Saint-François de Sales, située à l’époque rue Jacob Makoy à Liège, un environnement éducatif déjà marqué par la tradition salésienne. Quelques années plus tard, l’une de mes premières expériences professionnelles m’a conduit à travailler pour Don Bosco Liège, dans une fonction d’éducation et d’assistant de direction.

Cette période a profondément marqué ma vision du leadership. J’y ai découvert concrètement la pédagogie salésienne et j’ai eu la chance de collaborer avec Jean Thibaut, responsable de Pouvoir Organisateur scolaire et Salésien coopérateur bien connu dans la région. À travers son engagement et sa manière d’exercer l’autorité, il incarnait pour moi cet équilibre si caractéristique de la tradition salésienne : une grande bienveillance alliée à une fermeté juste et cohérente.

Cette expérience m’a également permis de vivre mes premières responsabilités managériales dès 1998, puisque j’étais alors chargé de la gestion du personnel technique et des surveillants extra-scolaires. Ce premier rôle de coordination a constitué une étape fondatrice dans mon parcours de dirigeant et a renforcé mon intérêt pour un leadership fondé sur la confiance, la clarté et le respect des personnes.

La raison : expliquer et responsabiliser

Pour Don Bosco, l’autorité ne devait jamais s’exercer par la peur ou l’arbitraire. Elle devait s’appuyer sur la raison, c’est-à-dire la capacité à expliquer les règles, à dialoguer et à faire comprendre le sens des décisions.

Dans une organisation, ce principe invite le responsable à privilégier la clarté : clarifier les objectifs, expliquer les orientations et créer les conditions d’une responsabilité partagée. Lorsque les personnes comprennent le sens de leur travail et les raisons des choix qui sont posés, l’engagement devient naturellement plus profond.

La dimension morale : donner du sens à l’action

Le second pilier de Don Bosco, qu’il exprimait dans un langage religieux, renvoie plus largement à la dimension morale et au sens de l’action.

Transposé au monde professionnel, cela signifie rappeler que le travail ne se réduit pas à une production ou à des résultats chiffrés. Une organisation fonctionne durablement lorsqu’elle sait aussi exprimer sa mission, ses valeurs et la contribution qu’elle souhaite apporter à la société.

Les collaborateurs s’investissent davantage lorsqu’ils perçoivent que leur travail s’inscrit dans une finalité utile et cohérente.

L’amorevolezza : la confiance comme fondement du leadership

Le troisième pilier, l’amorevolezza, peut être compris comme une forme de bienveillance active. Don Bosco insistait sur la nécessité pour l’éducateur d’être proche des jeunes, attentif à leurs besoins et capable de leur faire sentir qu’ils étaient réellement considérés.

Il résumait cette conviction par une phrase devenue célèbre :

« Sans affection, pas de confiance ; sans confiance, pas d’éducation. »

Dans le management, cette idée rappelle que la relation humaine constitue un levier essentiel du leadership. Le respect, l’écoute et la reconnaissance ne sont pas des accessoires : ils sont souvent la condition même de l’engagement des équipes.

Douceur et fermeté : l’équilibre du leadership

L’un des enseignements les plus actuels de Don Bosco réside dans l’équilibre entre douceur et fermeté.

La douceur concerne la relation : elle s’exprime par la bienveillance, l’attention et le respect des personnes.

La fermeté concerne le cadre : elle implique des règles claires, une cohérence dans les décisions et une justice dans leur application.

Lorsque ces deux dimensions sont réunies, l’autorité devient naturelle. Les équipes ne suivent pas uniquement parce qu’une hiérarchie l’exige, mais parce qu’elles reconnaissent la cohérence et la justesse du leadership.

Un leadership profondément humain

À une époque où les organisations sont confrontées à des transformations rapides et à des attentes nouvelles de la part des collaborateurs, les intuitions de Don Bosco apparaissent d’une grande modernité.

Elles rappellent une vérité simple : un leadership durable repose à la fois sur la clarté, le sens et la confiance.

C’est dans cet esprit que je retiens volontiers cette prière inspirée de la tradition salésienne :

« Seigneur, aide-moi à guider avec douceur et fermeté. »

Elle résume à elle seule l’équilibre que tout responsable cherche à atteindre : exercer l’autorité avec exigence, tout en restant profondément attentif aux personnes.

Créez un site Web gratuit avec Yola